Photoforum. Sillages.
Cinq compositions d’odeurs et un cadre d’enfleurage.

Faire sentir, donner à voir.

Cadre d’enfleurage, 2019.
Cette proposition est basée sur la technique de l’enfleurage à froid, technique d’extraction qui consiste à déposer chaque jour pendant des mois, des pétales de fleurs sur une émulsion de graisse dans laquelle les senteurs vont se transférer petit à petit. Je vois un parallèle entre cette technique d’empreinte d’odeur et l’empreinte photographique, où l’image se dépose le temps d’une exposition à la lumière, sur une émulsion d’argent.
Cette prise d’odeur dans la petite salle du Photoforum durera le temps de l’exposition, soit deux mois. Il y a dans cette idée une réflexion sur le médium, les enjeux techniques et poétiques de comment conserver une odeur ou une image. Ce fantasme absolu de retenir quelque chose du temps, d’une émotion. L’objet fait référence à la photographie avec un trépied photo et l’allusion à la chambre noire ou au cadre photographique. Il fait également référence à un persepctographe, un cadre qui permettait aux peintres de tracer une vue en perspective avec un écran comportant une grille, comme le portillon de Dürer.
Il y a un aspect performatif à cette pièce, en effet, un gardien/une gardienne du musée effectuera le geste répétitif de disposer délicatement les pétales sur l’émulsion de graisse, mais aussi de les enlever quotidiennement pendant les heures de visite. La pièce se remplira donc chaque jour un peu plus du parfum des roses. Janvier est un mois particulièrement avare en floraison, mais des anciennes roses venues du nord de l’Italie seront livrées chaque jour pour ce projet.
Au terme de l’exposition, un parfum Sillages sera créé à partir de l’émulsion récoltée et transformée.