A partir d'une consigne de Nicolas Savary
carton gris, tirages noir/blanc, semi-brillant et mat, texte collé
Pour une exposition collective avec les membres de standard/deluxe
à standard/deluxe

« Fraîche coupure »
- Principe d’immersion :2 photographies sous verre, 135 x 200 cm, blueback
- La surface du miroir: 1 miroir trapèze double face: 215 x 218 x 55 cm

Horizon, nom masculin,

- Ligne imaginaire circulaire dont l'observateur est le centre et où le ciel et la terre (ou la mer) semblent se confondre.
- Étendue de terre (ou d’eau) et de ciel qu'un observateur peut apercevoir autour de lui.
- Lieu où l'on vit et qui borne l'existence : Il faut changer d'horizon.
- Domaine qui s'ouvre à l'esprit et à l'activité de quelqu'un : Élargir son horizon.
- Parties du paysage qui sont proches de cette ligne.
- L’horizon des particules est la limite de la région de l'espace-temps susceptible d'influencer un point donné
- Un horizon en philosophie, un concept à rapprocher de l'aveuglement.
- L’horizon-radar est la distance maximale que peut atteindre le faisceau radar à un angle de site nul.
(réf: Larousse et wikipédia)

De ma pratique quasi quotidienne du lac, je me plie à cette consigne de l’immersion de manière littérale.
A la ligne de flottaison, je perd l’horizon, je tente de matérialiser cette limite, elle est référence, entre l’eau et l’air, elle est trouble, elle est mentale.

Le regard dans les nuages, le dos dans l’eau.
Se mouvoir en surface, survoler les profondeurs; la cécité, la surdité, les abysses, les frôler d’un bras.
Les savoir en dessous de soi, très proches, imminentes, permanentes.
Je nage le dos crawlé, le ciel est immense, tout est mouvement.
Le mouvement est impossible, le temps est figé, il n'y a que des photographies.
Le mouvement et impossible, parce que c'est une utopie, un monde que l'on pourrait observer sans qu'il change constamment, un monde auquel on pourrait réfléchir sans que l'on en fasse partie, un monde que l'on pourrait observer en dehors de soi.

J’incline les plans, les reflets d’une surface lisse et nette.
Sous le verre: les images:
Fig.1- d’un lac volcan, d’un lac de métal, d’un lac violent.
Fig.2- d’un lac miroir, d’un lac de mercure, d’un lac délicieux.

"La vie n'est pas une argument.
_ Nous nous sommes construit dans un monde dans lequel nous puissions vivre_ en supposant des corps, des lignes, des surfaces, des causes et des effets, le mouvement et le repos, la forme et le contenu: sans pareils articles de foi, nul à présent ne supporterait de vivre! Mais, ils n'en sont pas plus démontrés pour autant. La vie n'est pas un argument: parmi les conditions de la vie pourrait figurer l'erreur."

Richard L. Gregory, L'Oeil et le cerveau, la psychologie de la vision traduction de la 5e édition anglaise, Paris, de Boeck & Larcier s.a., 2000, p.231-232